Quel bilan d'étape, presque trois mois après l'arrivée à la Maison Blanche de Joe Biden ? Selon Roger Cohen, du New York Times, le 46e président des États-Unis se distingue par son "efficacité, une manière de gouverner sobre mais en même temps assez radicale", du fait des plans d'investissements massifs qu'il a lancés. "Il dit aux Américains que le temps de croire aux marchés, c'est fini. Il fait prendre un tournant presque français, en disant qu'il faut un État efficace capable de mener des grands programmes".
L'éditorialiste raconte la façon dont il a pu se faire vacciner à New York, dans un vaccinodrome. "Il y avait des militaires, des civils, tout était super bien organisé. J'avais rendez-vous à 18h15, j'ai eu le vaccin à 18h17."
Joe Biden serait-il le nouveau Roosevelt, qui dans les années 1930 lançait le New Deal ? "Je ne crois pas que ça se compare", répond l'économiste Daniel Cohen. "Biden, c'est un retour au centre après une Amérique qui a été, avec Trump, très loin dans une forme d'extrémisme. Un retour au centre habité par une forme de radicalité, notamment dans l'ampleur du programme (...). Il a pris les vitamines de Trump !"
"Il surprend par la radicalité, la rapidité de son action", poursuit Benjamin Haddad. "Il utilise la crise du Covid pour redéfinir le rôle de l’État pour faire passer un certain nombre de programmes, notamment sur la transition écologique". Selon le chercheur, "tout cela ne serait pas arrivé sans Trump. Le rejet d'une certaine forme du libre échange et de la mondialisation ont été remis sur le devant de la scène".
Le début de la présidence Biden est en tous cas une "leçon d'humilité incroyable" pour l'Europe, estime Daniel Cohen. "Elle n'est jamais parvenue à s'entendre sur un impôt commun sur les sociétés et ne peut pas lutter contre le dumping fiscal de l'Irlande et du Luxembourg. _Arrive Biden et en une minute, il met tout le monde d'accord !" _